La biographie de Med Hondo en quelques lignes

 

Abib Mohamed Medoun Hondo dit Med Hondo. C’est une voix off très particulière, étoile du doublage certes, mais aussi, et c’est ce sur quoi nous nous attarderons , acteur, réalisateur, scénariste, producteur. Il donnera, sa vie durant, le meilleur de lui-même à tous ses spectateurs . Hondo est né à Atar, en Mauritanie le 4 mai 36. Il meurt à Paris le 2 mars 2019. Il arriva à Marseille en 1959 et découvrit les nombreux problèmes auxquels se heurtent souvent les immigrés. Docker, puis cuisinier, il fut ouvrier, avant de pénétrer, au plus profond, dans le monde intellectuel. Mais jamais il n’oubliera être issu d’une tribu : celle des Barikalla; et surtout que son père était esclave. Son pays natal sera l’ultime à abolir l’esclavage en 1981…  Aussi est-il particulièrement sensible à tout ce qui concerne la notion de liberté, de respect de l’autre. Il ne supporte pas que l’on parle de “noir” ou de “blanc”…

Son parcours au théâtre

 

Il eut la chance de découvrir le théâtre, grâce à la grande actrice Françoise Rosay et le plaisir immense de jouer dans les œuvres des plus grands : Shakespeare, Tchekhov, Brecht, Kateb Yacine, Césaire…Il devint une étoile dans le doublage, car il sut, selon ses propres dires,” s’incarner à travers l’acteur”, s’identifier, par la voix, au personnage  et par conséquent retenir l’intérêt du spectateur. Le doublage est pour lui “un métier d’acteur”. Il est la voix française d’Eddie Murphy, inspecteur, dans la célèbre série “le flic de Beverly Hills”; celle de l’âne dans Shrek; de Rafiki dans Le Roi Lion et de nombreuses autres voix…

 

Ses œuvres, ses doublages… sa vie en tant que voix off

 

Mais nous voulons nous attarder, avons-nous précisé, sur son rôle au 7eme Art. Ce cinéaste, connut dans l’Hexagone, une notoriété jamais démentie. Comment pourrait-on ne pas remarquer un personnage venant de notre ancien Empire colonial, qui va dénoncer les injustices du colonialisme ? Comment ne pas apprécier d’ouvrir les yeux sur une partie parfois ignorée de notre histoire ? Comment ne pas admettre, voire rester insensible, à ce qu’il va dénoncer au travers de ses films : les immigrés, que nous sommes allés chercher, ont souvent été bafoués, maltraités, méprisés…

Ce grand réalisateur va participer à la création du comité africain des cinéastes. Il fonde, en 1966, sa propre troupe : Griot Shango afin de mieux défendre le panafricanisme et la négritude.  Il deviendra acteur, réalisateur, producteur. Tout au long de sa longue carrière, il fait preuve d’une résistance et d’une détermination incroyable dans ses créations. Il dit : “le cinéma africain est une usine sans gaz”, car, dénonce-t-il, l’Etat mauritanien ne fait strictement rien pour la culture…Or pour lui, le livre, l’image “ c’est la santé des peuples”; aussi veut-il la leur offrir. Il dénoncera, au-travers de sa cinématographie, la misère de son pays certes, mais aussi le néo-colonialisme, le racisme, l’esclavage, la répression, l’intolérable injustice. Son profond désir : faire du cinéma – vérité afin que les africains, où qu’ils soient, prennent en main leur destin. Il prendra lui, le révolté, toutes ses responsabilités…

Il tourne de courts métrages:” Balade aux sources”

“Partout ou peut-être nulle part”

Il joue dans des films des plus grands cinéastes :

“Un homme de trop” de Costa Gavras

“Masculin Féminin” de Jean-Luc Godard en 66

‘Promenade avec l’amour et la mort” de John Huston en 1969 ;

dans des séries télévisées : “Belphégor” “Commissaire Moulin” ” Les aventures de Bob Morane”…

 

 

 

 

 

 

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